mardi 24 octobre 2017

Quand la nuit devient jour de Sophie Jomain


*Chronique de sandrine*

"J'ai choisi de mettre fin à mes jours, certes, rien d'autre n'a vraiment d'importance - c'est du moins ce que penseraient la plupart des gens -, mais être libre de mourir comme on le souhaite, c'est aussi être libre de vivre comme on l'entend."

Auteur : Sophie Jomain
Éditions : France Loisirs
Genre : Contemporain
Année de parution : 2017
Pages : 240

Résumé :

On m'a demandé un jour de définir ma douleur. Je sais dire ce que je ressens lorsque je m'enfonce une épine dans le pied, décrire le réchauffement d'une brûlure, parler des noeuds dans mon estomac quand j'ai trop mangé, de l'élancement lancinant d'une carie, mais je suis incapable d'expliquer ce qui me ronge de l'intérieur et qui me fait mal au-delà de toute souffrance que je connais déjà.
La dépression.
Ma faiblesse.
Le combat que je mène contre moi-même est sans fin, et personne n'est en mesure de m'aider. Dieu, la science, la médecine, même l'amour des miens a échoué. Ils m'ont perdue. Sans doute depuis le début.
J'ai vingt-neuf ans, je m'appelle Camille, je suis franco-belge, et je vais mourir dans trois mois.
Le 6 avril 2016.

Avis :

Voici un livre d'une auteure que j'apprécie particulièrement. J'ai pu découvrir sa plume avec la série de Felicity Atcock ainsi que celle des étoiles de Noss Head. C'est deux séries appartiennent au genre fantastique. J'avais donc hâte de la découvrir dans un autre genre pour voir si elle maîtrisait sa plume dans un tout autre univers. Pour ce livre, pas de fantastique donc mais un sujet dur, très dur même, au point que l'auteure elle-même a eu du mal à écrire cet ouvrage. Je suis ravie qu'elle y soit parvenue car ce livre est beau, touchant et tragique, écrit avec une plume addictive et sincère.

Les premières cinquante pages plantent le décor. On y découvre Camille, une jeune femme qui nous raconte son enfance, son adolescence, son mal-être, son problème de boulimie puis d'anorexie, ses problèmes de mutilations mais aussi ses premiers amours qui se terminent en chagrins d'amour. Camille plonge progressivement dans une dépression qu'elle n'arrive pas à combattre. Elle n'a plus la force de combattre cette maladie qui la ronge de l'intérieur. Elle prend alors la décision de mourir mais elle veut faire les choses bien. En Belgique, l'euthanasie est légale alors elle mourra la-bas. Le compte à rebours à commencer...

L'histoire commence vraiment quand vient le moment pour Camille d'annoncer sa décision à ses parents. Ce moment, Camille l'appréhende beaucoup et la suite lui donnera raison. Sa mère la rejette, refuse de lui parler, quant à son père, il veut garder espoir en dépit de tout. Camille trouve refuge dans une clinique où elle passera les dernières semaines de sa vie. Le docteur Peeters la suivra, non pour la faire changer d'avis mais pour que tout se passe au mieux. Camille est alors étonnée de découvrir des personnes qui la comprennent, qui ne veulent pas la faire changer d'avis. Elle trouve alors au sein de cette clinique un havre de paix qu'elle a toujours chercher sans y parvenir.

La fin est un déchirement même si elle reste ouverte. J'ai fini ce livre en larme. Je ne pouvais plus m'arrêter... C'est vraiment un livre très dur à lire, qui nous parle des maladies invisibles, des maladies psychologiques. La plupart des gens essaie de comprendre alors qu'il n'y a rien à comprendre. C'est comme ça et on n'y peut pas grand chose malheureusement...
Dire que j'ai été touchée par cette lecture est un doux euphémisme. Je n'en ressort pas indemne tant que j'ai été émue et bouleversée. Je me suis rendue compte qu'on ne connait pas vraiment les personnes qui nous entourent, qu'il y en a sûrement avec des maladies cachées, qui ne se voient pas et pourtant qui les rongent petit à petit... Ce livre pose également la question de l'euthanasie légale. Chacun à son amie dessus mais le plus important c'est de laisser la personne qui souffre choisir ce qu'elle veut vraiment.

C'est donc un livre aussi magnifique que douloureux que nous offre ici Sophie Jomain. Je lui tire mon chapeau pour avoir osé l'écrire et parler à coeur ouvert de la dépression que beaucoup rejettent en disant que c'est juste une mauvaise période à passer.

Un conseil : ne lisez surtout pas ce livre 
si vous avez le moral dans les chaussettes ! 

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